Jusqu'ici, i4o affichait le potentiel radon de la commune. Le solveur i4o calcule maintenant la concentration de radon dans chaque pièce, en Bq/m³, dès la conception, et les rapports HQE et INTAIRIEUR® la comparent à leurs seuils.
Le radon est un gaz radioactif naturel. Il provient de la désintégration de l'uranium contenu dans les roches, surtout granitiques et volcaniques, et migre dans le sol jusqu'à la surface. Dehors, il se dilue aussitôt. Sous un bâtiment, il trouve les défauts d'étanchéité entre le sol et le bâti : fissures de dallage, joints, passages de réseaux. Dès que le tirage thermique ou la ventilation mettent le bâtiment en dépression, celui-ci aspire l'air du sol, et le radon avec.
Dans les versions précédentes, l'analyse de site donnait la classe de potentiel de la commune (IRSN en France, JRC en Europe, EPA aux États-Unis) et les rapports portaient la mention « non simulé ». Cette mise à jour fait entrer le radon dans le calcul, au même titre que le formaldéhyde ou le CO₂.
« Quelques mètres cubes d'air du sol par heure peuvent porter une maison au double de la valeur recommandée par l'OMS. »
Le Centre international de recherche sur le cancer classe le radon cancérogène certain pour le poumon depuis 1987. Il est la deuxième cause de cancer du poumon, derrière le tabac.
L'ASNR juge le risque significatif pour une exposition domestique continue pendant trente ans au-delà d'environ 200 Bq/m³. La France a fixé le niveau de référence à 300 Bq/m³ en moyenne annuelle (article R.1333-28 du Code de la santé publique). L'OMS recommande 100 Bq/m³.
À exposition égale, un fumeur court un risque environ 25 fois plus élevé qu'un non-fumeur (OMS).
L'arrêté du 27 juin 2018 classe chaque commune française dans l'une des trois zones à potentiel radon. La zone 3 compte 12,2 millions d'habitants, soit 18 % de la population.
Calcaires, sables et argiles des grands bassins sédimentaires, formations basaltiques : le potentiel est faible, mais 20 % des bâtiments dépassent encore 100 Bq/m³.
Le sous-sol contient peu d'uranium, mais une faille importante ou d'anciens ouvrages miniers ouvrent un chemin au radon jusqu'aux bâtiments.
Massif armoricain, Massif central, Corse, Vosges : plus de 40 % des bâtiments y dépassent 100 Bq/m³ et plus de 10 % dépassent 300 Bq/m³.
Aucune règle de construction n'impose de dispositif contre le radon dans un bâtiment neuf, même en zone 3. Les obligations portent sur l'existant : mesure dans certains établissements recevant du public, information des acquéreurs et des locataires, évaluation du risque sur les lieux de travail. La protection d'un projet neuf dépend donc des choix faits en conception.
Hors de France, la directive européenne 2013/59/Euratom impose aux États membres un niveau de référence qui ne dépasse pas 300 Bq/m³. i4o couvre la France, l'Europe (carte JRC) et les États-Unis (zones EPA).
La simulation part de la maquette que vous avez déjà importée. Le radon s'ajoute aux polluants que vous suivez déjà.
Le résultat s'affiche en Bq/m³, pièce par pièce, à côté des autres polluants. Vous repérez tout de suite les locaux du rez-de-chaussée qui dépassent 100 ou 300 Bq/m³.
En Europe, i4o estime le radon du sol à partir de la localisation du site. Si vous disposez d'une mesure sur la parcelle, vous la saisissez et elle remplace l'estimation. Ailleurs, cette mesure est nécessaire.
Un bâtiment en dépression aspire davantage d'air du sol. Le calcul tient compte de votre ventilation : vous voyez ce qu'un réglage de débits ou un changement de système change au radon.
L'onglet « Sol et radon » du panneau Bâtiment vous laisse choisir le soubassement du projet. Trois exemples montrent l'écart entre les solutions.
| Soubassement | Ce qui se passe | Entrée d'air du sol |
|---|---|---|
| Dalle sur terre-plein | La dalle repose directement sur le sol. C'est le cas de référence. | Référence |
| Vide sanitaire | Une partie du radon se dilue dans le vide ventilé avant d'atteindre les pièces. | ÷ 2 |
| Dépressurisation active | Un extracteur maintient le dessous de la dalle en dépression permanente. | ÷ 15 |
Le référentiel HQE Bâtiment Durable demande de traiter le radon dans son volet qualité de l'air. Le protocole de mesure de la qualité de l'air à réception de l'Alliance HQE-GBC le range parmi les polluants d'intérêt sanitaire, avec une durée de prélèvement de 60 jours, contre 5 pour les autres polluants. Faute de calcul, l'étude de conception n'avait à y opposer que la classe de potentiel de la commune.
Le rapport donne la concentration moyenne annuelle de la pièce la plus exposée, parmi les pièces que vous sélectionnez, sa marge par rapport au niveau de référence de 300 Bq/m³ et le verdict de conformité. La classe de potentiel du site reste affichée en contexte.
Une mesure de radon se pose en période de chauffe, entre le 15 septembre et le 30 avril, pendant au moins deux mois (ASNR). Elle suppose un bâtiment construit. La simulation donne la réponse en APS ou en APD, quand le soubassement et la ventilation peuvent encore changer sans travaux.
La simulation sert à concevoir et à comparer des options. Dans trois situations, la mesure garde le dernier mot.
En zone 3, les établissements d'enseignement, les crèches, certains établissements sanitaires et sociaux avec hébergement, les établissements thermaux et pénitentiaires font mesurer le radon par un organisme agréé, en principe tous les dix ans.
L'estimation du radon du sol peut s'écarter d'un facteur 2 à 3, et la carte européenne a une maille d'environ 10 km : une faille ou un filon lui échappent. Une mesure du gaz du sol sur la parcelle, saisie dans le Studio, resserre alors le calcul.
i4o ne compte ni l'exhalation des matériaux de construction, comme le granit ou certains bétons, ni la diffusion du radon à travers une dalle sans fissure. Dans ces cas, le calcul sous-estime la concentration.
Pour le reste, la simulation répond au moment où la réponse coûte le moins cher : avant que la dalle soit coulée.
Importez une maquette IFC, gbXML ou DWG, choisissez le soubassement et lancez le calcul. Aucune carte bancaire n'est requise.
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